L’ombre de Marseille et l’éclat d’Avignon masquent l’une des destinations les plus fascinantes de Provence. Arles, surnommée la « Petite Rome des Gaules », cache derrière ses monuments UNESCO des trésors que même les guides oublient de mentionner. Plus grande commune de France métropolitaine avec ses 759 km², cette cité millénaire révèle ses secrets les mieux gardés à ceux qui savent lever les yeux au-delà des sentiers touristiques classiques. Entre galeries souterraines mystérieuses et traditions camarguaises authentiques, découvrez pourquoi cette destination mérite enfin sa place sous les projecteurs.
- 759 km² : Plus vaste que Paris, Arles cache des centaines de lieux inexplorés
- 8 monuments UNESCO dont des galeries souterraines accessibles uniquement en visite guidée
- 1,5 million de visiteurs annuels mais 80% ignorent les sites les plus authentiques
- Première destination photographique mondiale grâce aux Rencontres
- Point de départ privilégié vers une Camargue préservée du tourisme de masse
La ville secrète sous vos pieds
Combien de visiteurs d’Arles savent qu’une cité entière sommeille sous leurs pas ? Les cryptoportiques, ces galeries souterraines vieilles de 2000 ans, forment un labyrinthe de 350 mètres qui servait de fondation au forum romain. Accessibles par l’hôtel de ville, ces voûtes spectaculaires révèlent l’ingéniosité des architectes antiques qui ont dû compenser la pente naturelle de la colline de l’Hauture.
Mais les surprises souterraines d’Arles ne s’arrêtent pas là. Les galeries secrètes de l’amphithéâtre, récemment restaurées grâce au mécénat de la maison Gucci, dévoilent les coulisses des spectacles antiques. Ces passages où transitaient gladiateurs et fauves offrent une perspective saisissante sur les jeux du cirque, loin des foules qui se contentent de l’arène principale.
Un patrimoine qui défie les cartes postales
Au-delà des incontournables arènes et théâtre antique, Arles recèle des joyaux que seuls les passionnés connaissent. Les thermes de Constantin, empereur converti au christianisme, racontent une histoire méconnue : celle des débuts du christianisme en Provence. Ces vestiges, parmi les mieux conservés de France, révèlent l’ingéniosité des hypocaustes romains.
| Site secret | Particularité | Meilleur moment |
|---|---|---|
| Cloître Saint-Trophime | Sculptures romanes exceptionnelles | Matin (lumière rasante) |
| Alyscamps | Nécropole peinte par Van Gogh | Coucher de soleil |
| Montmajour | Abbaye fortifiée du Xe siècle | Hors saison |
L’Abbaye de Montmajour, à quelques kilomètres d’Arles, demeure l’un des secrets les mieux gardés de la région. Cette forteresse monastique du Xe siècle, perchée sur un ancien îlot rocheux, offre une vue panoramique sur la Camargue. Van Gogh y peignit plusieurs toiles, mais rares sont les visiteurs qui font le détour vers cette merveille architecturale.
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L’avant-garde artistique méconnue
Si tout le monde connaît les Rencontres de la Photographie, peu savent qu’Arles abrite l’un des projets artistiques les plus ambitieux d’Europe. La tour LUMA, imaginée par Frank Gehry, bouleverse le paysage arlésien avec ses 56 mètres de hauteur et sa façade en aluminium scintillant. Ce complexe culturel de 90 millions d’euros transforme l’ancienne friche industrielle en laboratoire créatif.
La Fondation Vincent Van Gogh révolutionne l’approche muséale traditionnelle. Plutôt que de présenter les œuvres du maître (conservées ailleurs), elle expose des créations contemporaines en dialogue avec l’esprit de Van Gogh. Francis Bacon, David Hockney ou encore Raphael Hefti y côtoient l’univers du peintre hollandais dans une approche résolument moderne.
Le Musée Réattu, installé dans l’ancien grand prieuré de Malte, surprend par sa collection hétéroclite. 57 dessins de Picasso y voisinent avec des photographies contemporaines et des installations d’art numérique. Cette diversité reflète l’âme créative d’Arles, terre d’inspiration pour les artistes depuis des siècles.
La vraie Camargue loin des clichés
Oubliez les cars de touristes et les spectacles folkloriques. La vraie Camargue arlésienne se découvre dans les manades familiales où taureaux et chevaux vivent encore en semi-liberté. Le Mas Saint-Germain, domaine familial depuis huit générations, propose des immersions authentiques au cœur de l’élevage traditionnel.
Les salins d’Arles offrent un spectacle naturel saisissant. Ces pyramides de sel, appelées « camelles », dominent un paysage lunaire où flamants roses et avocettes se partagent les étendues salines. Salin-de-Giraud, village ouvrier construit pour l’exploitation du sel, témoigne d’une histoire industrielle méconnue.
- Étang de Vaccarès : 6500 hectares de réserve naturelle intégrale
- 340 espèces d’oiseaux recensées, dont 150 nicheuses
- Route de la mer : 20 km de piste sauvage vers les plages vierges
- Domaine de Méjanes : 1000 hectares d’élevage traditionnel
Les adresses que les Arlésiens gardent pour eux
Les vrais connaisseurs d’Arles évitent soigneusement la place du Forum bondée de touristes. Ils préfèrent le marché du mercredi sur les boulevards, où producteurs camarguais vendent directement leurs spécialités : riz rouge de Camargue, tellines pêchées dans l’étang de Berre, taureau AOP élevé en manade.
Pour comprendre l’âme arlésienne, rendez-vous au Bal de la Coiffure en juillet. Cette fête populaire centenaire rassemble les confréries locales dans leurs costumes traditionnels. Loin du folklore touristique, c’est l’occasion de voir les vraies Arlésiennes porter le costume d’Arles inscrit au patrimoine de l’UNESCO.
Les initiés connaissent aussi les courses camarguaises du dimanche matin aux arènes. Contrairement à la corrida espagnole, cette tradition locale ne blesse jamais l’animal. Les raseteurs tentent de décrocher des attributs fixés sur les cornes du taureau, dans un spectacle d’agilité et de courage unique au monde.
Arles mérite sa réputation de pépite méconnue du Sud. Entre patrimoine antique préservé, création contemporaine audacieuse et traditions camarguaises authentiques, la ville révèle ses trésors à ceux qui prennent le temps de l’explorer au-delà des circuits classiques. Sa position de première destination photographique mondiale et ses projets culturels d’envergure en font une destination d’avenir, encore préservée du tourisme de masse. Le secret ne pourra plus être gardé très longtemps : profitez-en avant que tout le monde ne découvre cette merveille provençale.
Photo : Place de la République, Arles – Wolfgang Staudt, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons










