Ces 10 châteaux de conte de fées sont (bel et bien) tous en France

ChateaudUsse

Dès qu’on évoque un château de princesse, on pense à Neuschwanstein, en Bavière. Pourtant, ce monument bavarois doit beaucoup à une forteresse française que le futur roi de Bavière a visitée juste avant le début des travaux. La France regorge de donjons et de galeries qui ont inspiré Charles Perrault, Hergé et même des studios d’animation japonais. Voici dix châteaux français aussi spectaculaires que les plus beaux contes.

Ce qu’il faut retenir avant de foncer

  • Le château d’Ussé aurait inspiré La Belle au Bois Dormant à Charles Perrault.
  • Chambord compte 426 pièces et un escalier à double révolution signé Léonard de Vinci.
  • Pierrefonds a été visité par le futur roi de Bavière, juste avant qu’il ne construise Neuschwanstein.
  • Cheverny a inspiré Hergé pour dessiner Moulinsart, la demeure du capitaine Haddock.

Le château qui a donné naissance à la Belle au Bois Dormant

Sur les bords de l’Indre, près de la forêt de Chinon, le château d’Ussé doit sa célébrité à un détail: c’est ici que Charles Perrault aurait trouvé l’inspiration de La Belle au Bois Dormant, lors d’un séjour chez son ami le marquis de Valentinay en 1691. Construit dès 1485 par Jean V de Bueil, le château mêle allure défensive et raffinement Renaissance. À l’intérieur, les scènes du conte sont reconstituées fidèlement.

Chambord, ou la folie architecturale de François Ier

Chambord, ce sont des chiffres qui donnent le tournis: 426 pièces, 282 cheminées et un escalier à double révolution où deux personnes peuvent monter sans jamais se croiser. La légende attribue ce dessin à Léonard de Vinci, mort juste avant le début du chantier. Le tout pour un pavillon de chasse: un domaine clos de 5 440 hectares, entouré d’un mur de 32 kilomètres, soit la surface de Paris intra-muros. Et il n’y a dormi que 72 jours en tout.

Chenonceau, le château qui enjambe une rivière

Chenonceau porte un surnom qui lui va bien: le château des Dames. Catherine Briçonnet lui donne son allure Renaissance dès 1513. Diane de Poitiers, favorite d’Henri II, y fait construire un pont sur le Cher. À la mort du roi en 1559, Catherine de Médicis chasse sa rivale et transforme ce pont en une galerie à deux étages. Pendant la Première Guerre mondiale, cette galerie devient un hôpital: près de 2 500 blessés y sont soignés.

Pierrefonds, la forteresse qui a donné des idées à la Bavière

Le détail qui change tout: la silhouette de Pierrefonds, tourelles pointues et mâchicoulis dignes d’un livre d’images, n’a presque rien d’origine. La forteresse du XIVe siècle, démantelée sous Louis XIII, était une ruine quand Napoléon III demande à Viollet-le-Duc de tout reconstruire, à partir de 1857. En 1867, il fait visiter le chantier au roi de Bavière, Louis II. Un an plus tard, il lance Neuschwanstein. Depuis, Pierrefonds joue aussi Camelot dans la série Merlin.

Cheverny, la vraie maison du capitaine Haddock

En 1942, Hergé cherche une demeure de famille pour son nouveau personnage, le capitaine Haddock. Il choisit Cheverny et le reproduit dans Le Secret de la Licorne, sans les deux pavillons latéraux, jugés trop imposants. Le château devient ainsi Moulinsart, et une exposition lui est dédiée depuis 2001. La même famille y vit depuis six siècles, avec une meute de plus de 100 chiens de chasse. Leur repas, la « soupe des chiens », attire les foules.

Vaux-le-Vicomte, le château trop beau pour son propriétaire

Voilà une histoire qui se termine mal pour son héros. Nicolas Fouquet, surintendant des finances de Louis XIV, réunit en 1641 le meilleur trio d’artistes de son époque: Le Vau à l’architecture, Le Brun à la décoration et Le Nôtre aux jardins. Le 17 août 1661, il organise une fête si somptueuse que le roi, vexé, fait arrêter Fouquet trois semaines plus tard. Le même trio sera ensuite recruté pour Versailles. Depuis 1980, Vaux-le-Vicomte propose des soirées d’été avec 2 000 bougies.

Haut-Koenigsbourg, le nid d’aigle alsacien

À 757 mètres d’altitude, dans les Vosges, le Haut-Koenigsbourg domine l’Alsace. Mentionné dès 1147, il est ravagé en 1633 par les troupes suédoises, puis abandonné. En 1899, Sélestat offre les ruines à l’empereur allemand Guillaume II, passionné de Moyen Âge. Bodo Ebhardt le reconstruit entre 1900 et 1908, et le château redevient français en 1919. Plus récemment, ce décor aurait inspiré Hayao Miyazaki pour Le Château ambulant, après un repérage en Alsace.

Azay-le-Rideau, le diamant posé sur l’eau

Construit entre 1518 et 1527 pour Gilles Berthelot, trésorier de François Ier, ce château occupe un îlot façonné par l’Indre. Honoré de Balzac le décrit comme « un diamant taillé à facettes serti par l’Indre ». Les fameux miroirs d’eau qui doublent sa façade datent du XIXe siècle, ajoutés par le marquis de Biencourt. Le château semble flotter, redoublé par son propre reflet. En 2024, il a accueilli plus de 310 000 visiteurs, cinquième score du Val de Loire.

Josselin, la dentelle de granit bretonne

Vu depuis les rives de l’Oust, Josselin a tout d’une forteresse sévère: trois tours de 60 mètres de haut, héritées du connétable Olivier de Clisson, en 1370. Mais derrière le porche, le décor change complètement. Côté cour, Jean II de Rohan fait sculpter, entre 1490 et 1510, une façade Renaissance en granit, la « dentelle de granit ». On y lit la devise des Rohan, « À plus », parmi des hermines bretonnes. Les Rohan y vivent toujours.

Beynac, le donjon suspendu au-dessus de la Dordogne

Perché à 150 mètres sur une falaise du Périgord noir, le château de Beynac a longtemps mérité son surnom d’« arche de Satan ». Construit au XIIe siècle, il appartient à Mercadier, capitaine de Richard Cœur de Lion, avant d’être pris en 1214 par Simon de Montfort, en pleine croisade contre les Cathares. Aujourd’hui, c’est un habitué des plateaux de cinéma: Jeanne d’Arc, Les Visiteurs et The Last Duel de Ridley Scott y ont tourné.

ChâteauLe détail qui change tout
UsséLe décor de la Belle au Bois Dormant
Chambord426 pièces et un escalier signé Vinci
ChenonceauUn château-pont devenu hôpital militaire
PierrefondsL’ancêtre français de Neuschwanstein
ChevernyLe vrai visage de Moulinsart
Vaux-le-Vicomte2 000 bougies chaque samedi d’été
Haut-KoenigsbourgL’inspiration du Château ambulant
Azay-le-RideauLe diamant de Balzac
JosselinLa dentelle de granit des Rohan
BeynacL’arche de Satan version Hollywood

C’est quoi, un donjon?

Dans un château médiéval, le donjon est la tour la plus haute et fortifiée: le dernier refuge en cas d’attaque. Ussé, Beynac et Chambord en ont chacun un, tous différents.

Bon à savoir avant de partir

La plupart de ces châteaux se visitent toute l’année, mais certains, comme Ussé ou Josselin, ferment en hiver. Les châteaux de la Loire se concentrent entre Tours et Blois: trois d’entre eux se combinent facilement sur deux jours.

Notre conseil pour éviter la foule

Réservez les soirées aux chandelles de Vaux-le-Vicomte plusieurs semaines à l’avance, elles affichent complet dès le printemps. Pour les autres châteaux, visez la fin d’après-midi: la lumière est plus belle, et les bus de touristes sont déjà repartis.

Au final, pas besoin de prendre l’avion pour vivre un conte de fées. Entre la Touraine, l’Alsace, la Bretagne et le Périgord, ces dix châteaux racontent une autre histoire de France, celle qui a inspiré écrivains, dessinateurs et studios d’animation japonais. Lequel visiterez-vous en premier?

Photo : flo21 / Wikimedia Commons, sous licence CC BY-SA 2.0

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